Prix Louis D

Conférence « Qui a peur des humanités numériques ? Leçons d’une expérience en historiographie »

Evénement: Conférence « Qui a peur des humanités numériques ? Leçons d’une expérience en historiographie »
Date: 10 Décembre 2020

 

Le Centre Régional Francophone de Recherches Avancées en Sciences Sociales (CEREFREA Villa Noël) de l’Université de Bucarest, en collaboration avec la Commission Nationale de Roumanie pour l’UNESCO et la Délégation générale Wallonie-Bruxelles à Bucarest, organise le 10 décembre 2020, à partir de 17h00 (heure de Roumanie), en ligne, la conférence « Qui a peur des humanités numériques ? Leçons d’une expérience en historiographie ».

Sans prétendre concurrencer les sciences « dures », les sciences sociales du monde francophone ont hérité du courant positiviste du XIXe siècle, ainsi que de l’école des Annales, avec, entre autres, son exhortation à se servir copieusement de comptages et statistiques.

Actuellement, autant dans le monde des recherches francophone que dans l’espace anglophone, les méthodes quantitatives, et en particulier l’analyse des réseaux sociaux, font le gros lot de l’instrumentaire de l’historien.ne. En gros, elles permettent de prendre distance par rapport au corpus, de mieux définir les profils des acteurs sociaux (présence féminine vs présence masculine, appartenance aux académies etc.) et de saisir la spécificité de leur rapports (le rythme des correspondances privées, les réseaux de sociabilité, de protection ou d’influence).

Néanmoins, – et c'est la critique formulée le plus souvent à l’égard de ces approches – elles risquent de perdre de vue des éléments « qualitatifs », chers aux études littéraires, à l’histoire des mentalités ou des pratiques culturelles.

Cette présentation, suivie d’une session de discussions, se propose d’abord de familiariser le public – étudiant.e.s désieurex.ses de connaître les humanités numériques, jeunes chercheurs en quête de nouvelles méthodes et chercheurs consacrés ouverts aux méthodes hybrides – avec les traitement possibles du texte (la lettre au XVIIIe siècle) : création d’une base de données, production de diagrammes, visualisation de réseaux.

Également, à celles et ceux à qui la profusion du big data pourrait, à raison, faire peur, cette rencontre offre une lecture souple du corpus, en proposant une lecture sensible aux problématiques de l’histoire sociale du monde intellectuel, comme les sociabilités, les liens épistolaires ou le pouvoir. 

Ceci, pour faire parler les sources de l’historien.ne. avec moins de subjectivité.

Détails de connexion : https://zoom.us/j/94454493236 

 

                                                                 

Légende image : l’ego-réseau de Denis Diderot, à partir de ses lettres à Sophie Volland. Visualisation produite avec le logiciel Vistorian (vistorian.net)

Source image Diderot : Portrait de Denis Diderot (1713-1784), écrivain, © 2004 Musée du Louvre / Angèle Dequier