Prix Louis D

Masculin/féminin. Genre, condition féminine et déconstruction de la virilité dans les littératures du Maghreb

FE-M-AS

 

Projet de recherche financé dans le cadre de la coopération bilatérale Roumanie-France, Programme Hubert Curien « Brâncuși », contrat no. 76 BM.

Equipe

Université de Bucarest

 

Université Bordeaux Montaigne

 

Dolores Toma, Professeure émérite (chef de projet)

Andreea Apostu, Doctorante

Larissa Luică, Chercheure

Simona Necula, Chercheure

Mihaela Stănică, Chargée de cours

Mounira Chatti, Professeure (chef de projet)

Fatima Zohra Benyahia, Doctorante

Mounira Hamzaoui, Doctorante

Emna Tounsi, Doctorante

 


Description

La différence sexuelle excède, de manière explicite ou implicite, la représentation du problème de la différence en général. À ce propos, en se posant la question du fondement de la hiérarchie des sexes, l’anthropologue Françoise Héritier met en évidence l’existence de ce qu’elle nomme une « valence différentielle des sexes » universellement repérable. Dans toute société, la différence des sexes structure la pensée puisqu’elle en commande les concepts primordiaux. De l’observation de la différence anatomique et physiologique des sexes « découlent des notions abstraites dont le prototype est l’opposition identique/différent » (F. Héritier). 

On se pose d’abord la question de savoir comment les constructions sociales de la virilité et de la féminité se sont formées, quel est leur ancrage dans le contexte historique, social, culturel, religieux dont il est question, si ces deux concepts sont vraiment antagonistes ou bien complémentaires. La transformation d’une réalité biologique en une autre, sociale, passe par plusieurs étapes et comprend plusieurs niveaux, en fonction des facteurs divers et, le plus souvent, extérieurs.

En tant que constructions, la virilité, aussi bien que la féminité, reposent sur des fondements à la fois sociaux et culturels, y compris religieux. Quand on parle du Maghreb, on a tendance, notamment en Europe, à confondre ces deux aspects et à mêler le social et le culturel, voire le religieux. Rien de plus faux parce que, bien que les bases de la société maghrébine soient en partie sous-tendues par les racines arabo-musulmanes, tout comme le christianisme pour la civilisation occidentale, les choses sont beaucoup plus complexes. Les différentes populations qui coexistent sur le territoire maghrébin ne sont pas toutes musulmanes, d’où un mélange intéressant de mentalités et habitudes qui influence indubitablement la perception sociale et personnelle du corps, de la sexualité, de la relation à l’autre sexe.

FONDATEURS